Ma démarche écologique
Par Christophe le mercredi, mars 24 2010, 21:41 - Ecologie - Lien permanent
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Pour beaucoup, l'écologie se résume à manger bio et trier ses déchets, mais rarement à changer radicalement son comportement énergétique. Je ne critique pas cela, il est en effet difficile de se détacher de la société de consommation pour vivre autrement. Lorsqu'on est dans la société de consommation, la pression sociale est forte, qu'on le veuille ou non, et la moindre initiative est difficile. Il faut avoir tel travail, tel appartement, tels vêtements, … en entretenant l'illusion que cela fera notre bonheur. Même lorsqu'on comprend cela, il est encore difficile de se libérer.
Gandhi disait, « soyez le changement que vous voulez voir dans le monde ». C'est ce que j'ai un jour décidé de mettre en application. Cela fait maintenant deux ans que j'ai décidé de quitter la ville pour vivre en pleine campagne et développer une agriculture plus ou moins autarcique. Mon but est d'arriver d'ici deux ans à produire la quasi-totalité de ma nourriture, et la totalité de mon chauffage, avec une consommation d'énergie minimale.

Pour arriver à cela, je mets en place une technique d'assolement quadriennal. Son principe est de partager la terre que l'on cultive en huit parcelles. Tous les ans une parcelle est mise en jachère pour quatre années, ce qui fait donc que la moitié de la terre est au repos (quatre parcelles en jachères, quatre cultivées). La rotation des cultures fait qu'une même espèce ne se retrouve au même endroit que tous les huit ans, ce qui évite bien des problèmes de maladies et parasites, et permet d'éviter les traitements chimiques.
En ensemençant les jachères de légumineuses (trèfle, luzerne), il est possible d'enrichir la terre naturellement en azote. Il faut savoir qu'aujourd'hui, environ 750kg d'azote chimique sont nécessaire chaque année, pour produire la nourriture d'un Occidental, et la fabrication de cet engrais nécessite 1500 litres de gasoil. Alors qu'en respectant les cycles de repos de la terre, on peut produire cet azote naturellement, sans consommer aucune énergie. En restituant au maximum les matières organiques devenues inutiles (toilettes sèches, fumier, compost), il est possible d'enrichir la terre naturellement, tout en la cultivant intensivement.
Concernant le chauffage je souhaite me chauffer uniquement au bois. Lorsqu'on possède un système de chauffage performant, et que l'on exploite le bois localement, c'est le mode de chauffage le plus respectueux des cycles de la nature. En effet le CO2 rejeté lors de la combustion du bois est équivalent au CO2 capté lors de la croissance de l'arbre. D'autant que dans une forêt non entretenue les vieux arbres vont pourrir et rejeter du CO2. Quitte à ce que ce CO2 soit rejeté, autant utiliser les arbres pour se chauffer avant qu'ils ne pourrissent pour en replanter des jeunes qui vont être très consommateurs de CO2.
Commentaires
Mon Dieu j'ai presque pleuré en lisant ton message... Je suis consciente depuis très longtemps que c'est tout un mode de vie qu'il faut changer, et qu'il faut cumuler toutes les solutions pour être cohérent (électricité, eau, gaz, moins d'emballages, tri, composte, etc etc) mais je me suis toujours dit que c'était quand même assez vain quelque part. Je rêve étrangement de vivre en autarcie, car j'ai la sensation au fond de moi que c'est beaucoup plus sain, plus équilibré, etc. Mais je manque de connaissance, et j'étais persuadée que c'était utopique... Ton message a gonflé mon coeur d'espoir. Peut-être que je te contacterais plus tard pour en savoir plus. Merci en tout cas de ce superbe partage.
L'autarcie totale est un peu difficile à envisager aujourd'hui, mais pourquoi le fait de tendre vers l'autarcie serait une utopie ? Même si nous avons oublié tant de choses, tout cela n'est pas si loin de nous.
Lire votre message m'a poussé à avancer dans mon projet. Mon compagnon et moi-même désirons également vivre en autarcie, cultiver la terre et vivre de ce que nous produisons.
En plus d'être une preuve d'engagement et de respect pour la planète, la Nature, nous avons la sensation que cette vie nous serais plus appropriée.
En ville, nous ne nous sentons pas à notre place. Et pour moi, qui ressens beaucoup les énergies, je me sens "écrasée", lourde en milieu urbain.
Il est parfois difficile de se défaire des schémas sociaux, mais ce n'est pas impossible.
Vous en êtes la preuve.
Merci de partager votre expérience.
Le moteur a mes projets s'est remit en route.
Merci... sincèrement !